Rencontres avec le réel, symptôme dans la culture.

 

Et l’être de l’homme, non seulement ne peut être compris sans la folie, mais il ne serait pas l’être de l’homme s’il ne portait en lui la folie comme la limite de sa liberté.

Lacan (1946).

Dans le cadre de la préparation du colloque prochain* « Le trauma, un symptôme de notre civilisation ? », cette séance présentera un travail en cours, plutôt sous forme de questions et fragments cliniques actuels qui s’élaborent du réel de l’expérience, à travers une double distorsion de l’espace et du temps kantiens et de leur entrecroisement fatal (Foucault 1967) :

quelles modalités de discours ordonnent, bordent et délimitent la mouvance de nos espaces actuels ? Il sera question de surface du corps, avec les découpures subjectives qui tentent de s’y marquer, signatures de paroles tues, mais aussi de territoires subjectifs, lieux et non lieux, dilution du bord qui opèrerait une coupure signifiante, effacement des traces de bornage, hors discours, errances, externalisation – parfois disjonctive du sujet – de l’espace du dedans à travers nos lieux de rencontre, de passages et déplacements…

la question du temps logique et de l’acte, à travers des expériences d’errance(s), de précarité ou trauma psychiques. Désir et maniement du temps dans le transfert. Dans le procès de l’échange et de la parole, sera évoquée la modalité dite du présent linguistique d’où se construit consécutivement la notion de durée et de temps chronologique : L’organisation sociale du temps chronique est en réalité intemporelle. (Benveniste 1965).

Nous nous verrons alors obligés d’adapter notre technique à ces conditions nouvelles.

Freud (1918).

La mise en place dans l’espace public d’un dispositif clinique d’accompagnement permettra d’interroger la problématique « désymbolisation vs resymbolisation » à partir d’exemples comme le CAPSY** qui offre dans la cité un accompagnement psychanalytique pour jeunes adultes à Paris et de quelques situations de violences symboliques dans l’espace de travail, quand l’institutionnel se démet d’un pacte humain, de sa responsabilité, démentis du réel, forclusion du sujet…

Références :

Emile Benveniste : Problèmes de linguistique générale, Tome I, Paris, Gallimard, NRF, 1966.

Michel Foucault : L’ordre du discours, 2 déc. 1970, NRF, Paris, éd. 1976.

Dits et écrits, (entre autres « Espace, savoir et pouvoir », 1982, pp. 270-285, T.IV et « Des espaces autres » conf. 1967, T.IV, pp752-762).

Sigmund Freud : La technique psychanalytique, 1918 à Budapest, PUF, Paris, éd.1985.

Jacques Lacan : Le temps logique et l’assertion de certitude anticipée, 1945. Ecrits, Seuil, 1966, Paris.

Les Non dupes errent, Séminaire inédit, 1974.

Louis Wolfson : le schizo et les langues, NRF, 1970, Paris, éd.1987.

Catherine Alcouloumbré : La Logique du signifiant, Ch.1 Passage du zéro au un. Article 1991, séminaire de recherche 1998-99, Paris, http://pagesperso-orange.fr/espace.freud/topos/psycha/unar/logisi1.htm

* Colloque les 10-11-12 juin 2009, Paris, Revue Psychomedia : http://www.psychomediamagazine.fr

** Le CAPSY est un Centre d’accompagnement et de recherches en psychanalyse, dans le champ ouvert par Freud et Lacan : http://capsy.org